La Lettre de Liaisons est un bulletin, de diffusion surtout électronique, rédigé par une équipe de militants syndicalistes, socialistes, communistes ou d'extrême gauche. Ni fraction auto-proclamée, ni simple club de discussion, nous mettons en discussion une orientation politique : le combat pour la démocratie jusqu'au bout, c'est le combat pour le socialisme.
Si les dirigeants de la "gauche plurielle" respectaient la démocratie, alors après les élections de juin 1997 ils auraient CHASSE CHIRAC et formé un gouvernement de gauche responsable devant l'Assemblée nationale. Mais ils font le contraire, et appliquent une politique opposée à leur base sociale.
Nous voulons dans ces conditions aider à imposer la volonté majoritaire : contre la Vème République, pour un gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple.
Pour cela, nous voulons :
Nous considérons la DEMOCRATIE comme le but de la majorité exploitée ou opprimée, but identique au socialisme, et comme le moyen de combat pour y parvenir, et donc comme la base des débats collectifs nécessaires pour redéfinir le programme d'une révolution contre le capitalisme et l'Etat.
Aucune organisation conséquente, nationale ou internationale, n'assumant aujourd'hui suffisamment fort ce rôle, alors que sont pourtant très nombreux - (ses), celles et ceux qui pensent cela, nous proposons un journal, centre d'impulsion politique, pôle d'animation, lieu de débat entre militants de toutes appartenances dans le mouvement ouvrier.
Janvier 2001 - texte adopté à la réunion de fondation du comité de rédaction
La Lettre de Liaisons existe aujourd'hui depuis 1999. Son fils conducteur a toujours été d'essayer d'exprimer l'intérêt général de la classe ouvrière (les salariés, actifs, chômeurs, retraités ou en formation) au plan international et national, en dégageant une perspective politique, qui, partant de la réalité, conduise à une conclusion : la nécessité de prendre le pouvoir pour changer le monde. Sa méthode s'est toujours efforcée d'être celle du libre débat.
Nous aurions pu proclamer un groupe strictement délimité, se considérant ouvertement ou implicitement comme l' " embryon du parti révolutionnaire ". Nous ne l'avons pas fait, pour ne pas créer ce qui aurait en vérité été un obstacle supplémentaire sur le chemin de ce qui seul sera un parti (et une Internationale) réellement révolutionnaire : une représentation réelle, fidèle, démocratique, de la majorité exploitée et opprimée.
Par son action, la Lettre de Liaisons a eu la capacité de fédérer et de faire se rencontrer des groupes aux cultures différentes et qui, même réduits, sont tous " plus gros " qu'elle. L'influence des idées et propositions qu'elle a diffusées est parfois allée fort loin eu égard à la taille et aux moyens réels, très réduits, qui furent les siens. C'est pourquoi depuis 2005, nous nous posons la question de passer à une étape supérieure au plan de l'organisation, toujours avec la préoccupation de ne pas ériger un obstacle artificiel, de type sectaire, à ce qui est réellement nécessaire.
Cette action fédératrice mettant l'accent sur la question du pouvoir et du débouché politique pour les luttes de la classe ouvrière et des jeunes a fortement contribué à la formation de l'intergroupe, avec les camarades du Militant, du CCI(T) et de La Commune.
Au lendemain de la défaite que constitue pour nous tous l'élection de Sarkozy, mais alors que la capacité de combat de la classe ouvrière en France reste pour l'heure inentamée, la campagne autour de l'appel " Le droit de grève n'est pas négociable ! " a vu le soutien d'un grand nombre de responsables syndicaux, notamment CGT et FSU sans oublier la secrétaire nationale du Syndicat de la Magistrature, et, dans le département de l'Allier, la signature récente de plusieurs responsables de syndicats CGT dans l'industrie, de responsables du PCF et du PS et même Verts.
Cette campagne permet de poser la question de la participation des responsables syndicaux au " dialogue social ", de combattre leur participation aux pseudo négociations sur l'application de la loi anti-grève dans les transports terrestres de voyageurs, de débattre du combat pour transformer la grève du 18 octobre en mouvement d'ensemble de la classe ouvrière, pour maintenir la revendication des 37,5 annuités pour tous associée à la défense du droit à la retraite à taux plein à 60 ans, et de discuter de manière concrète, c'est-à-dire politique et pas incantatoire, de la question de la grève générale. Les conditions politiques qui ont permis cela sont nées d'une initiative abordée dans le cadre de l'intergroupe et de sa mise en æuvre par les camarades du Militant et de Liaisons.
Parallèlement, le regroupement d'organisations syndicales et politiques estudiantines pour l'abrogation de la loi Pécresse a été impulsé, entre autres, par des camarades de l'Offensive Socialiste, courant du MJS, qui utilisent les idées et propositions faites par la Lettre de Liaisons et dont la campagne politique, là aussi, permet de déblayer le terrain, de créer les conditions politiques aux futurs combats de masses.
L'intergroupe dans cette situation, comme les discussions en son sein l'ont montré, sera appelé à brève échéance à élaborer une plate-forme donnant des perspectives pour défaire Sarkozy, et à s'élargir.
Voilà maintenant cinq mois environ que les camarades du Militant nous ont proposé de fusionner, en regroupant notamment les comités de rédaction du Militant et de la Lettre de Liaisons. Notre accord de principe était cependant rendu difficile par nos propres faiblesses : nous sommes peu nombreux, dispersés et parfois peu actifs et peu centralisés. Mais la situation a évolué avec l'appel " Le droit de grève n'est pas négociable ! ", l'initiative contre la loi Pécresse et les perspectives de l'intergroupe. Nous n'allons pas fusionner seulement parce que c'est juste au niveau des principes et que ça fait plaisir, mais parce qu'il le faut et pour donner un exemple et un élan à notre combat et à toutes celles et ceux que nous côtoyons.
Nos cultures militantes et notre bagage théorico-politique sont différents. Certains pourraient ne pas les trouver si différents que cela, c'est vrai, mais quand on connaît un peu le monde des petits groupes, on sait que des scissions et des différentiations quasi éternelles ont été instaurées pour beaucoup moins. Mais les conditions d'une pratique commune reposant sur la confiance sont réunies et nous partageons le réalisme, le refus des incantations et des ultimatums, la volonté de partir du réel pour aller à l'idéal (Jaurès) et de saisir le réel dans toutes ses dimensions y compris culturelles et mentales (Sorel). A partir de là, parce que nous ne sommes pas des groupes-fractions autodélimités sur des spécificités dressées contre le mouvement réel des travailleurs, non seulement nous n'avons aucune raison de rester chacun chez soi, mais nous avons le devoir de nous grouper pour faire savoir la bonne nouvelle d'une fusion, une fusion qui se veut multiplication et pas seulement addition, une fusion qui ouvrira de nouvelles et riches discussions, car nous savons que des salariés, des jeunes, " normaux ", inorganisés ou membre des syndicats et/ou du PS ou du PC, peuvent se regrouper directement pour :
L'émancipation des travailleurs sera l'æuvre des travailleurs eux-mêmes et son commencement, c'est l'organisation politique. Salariés, jeunes, socialistes, communistes, syndicalistes, organisons-nous !
La fusion entre les comités de rédaction du Militant et de Liaisons n'entraine pas la disparition de ce site. D'une part, nous allons finir de mettre en ligne l'ensemble des numéros de la Lettre parus depuis février 2001. D'autre part, nous allons remettre à jour la rubrique Documents afin de rendre disponible un certain nombre de textes de référence. Ensuite, nous allons réaliser un index de l'ensemble des publications car la somme de ce qui a été produit depuis 1999 mérite amplement d'être exploitable et accessible par un lectorat le plus vaste possible.